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Pomme, ma chienne bichon havanais, a eu 4 mois ce dimanche.
Depuis qu’elle vit avec moi, sa taille a doublé.
Bien qu’elle reste petite pour sa race, elle est désormais très fière de pouvoir faire « tout comme les grands ».
Des exemples?
Elle escalade les talus en courant sans réaliser qu’il faudra ensuite penser à redescendre.
Délicate entreprise? Pensez-vous…
Elle règle le problème en se couchant de tout son long et en rampant jusqu’en bas, sous l’oeil hilare des passants.

Toujours fascinée par les oiseaux, elle suit leurs vols, tente de les rejoindre en courant lorsqu’ils se posent, et se désole de les voir redécoller avant qu’elle n’ait eu le temps de les approcher.
Lors de ses promenades, elle veut imiter ses aînés qui ramassent de temps en temps un bâton.
Et elle coince entre ses mâchoires des branches longues de plus d’un mètre, couvertes de feuilles, qu’elle essaye désespérément de traîner derrière elle…

Continuellement en mouvement, elle est toujours à la recherche de la prochaine bêtise, fait la fête à mes proches, redécore l’appartement selon ses propres goûts en changeant de place certains objets, chipe tout ce qui l’intéresse et va cacher ses trésors volés dans son panier…
Si je pose sa couverture dans le panier à linge pour la laver, elle profite que j’ai le dos tourner pour aller la rechercher.
Et pour me voler un pull, en représailles, histoire que je comprenne qu’il n’est pas tolérable de s’approprier les biens des autres.

Même ses repas ne se passent pas comme ceux d’un chien ‘normal ».
Pomme ne se jette jamais sur la nourriture.
De temps en temps, elle prend du bout des lèvres une croquette « Junior », et quitte la cuisine en mâchouillant, d’un air rêveur.
Lorsque je la prends dans mes bras pour la câliner, elle rit, comme riait Scotty, les pattes en l’air.
Puis elle inspecte mon bureau d’un air innocent, attrape discrètement un crayon, mon stylo ou un carnet et file à toute vitesse à travers l’appartement.
J’ai compris la parade: tenter de la rattraper ne sert à rien.
Je me dirige donc vers la cuisine et pose la question magique: « Tu veux un biscuit? »
L’objet de son larcin est aussitôt abandonné pendant qu’elle se rue sur sa friandise préférée…

Pomme connaît déjà plusieurs mots. Parmi lesquels « Pomme, biscuit, sortir, non, viens, etc… et ornithorynque ».
Oui, je sais.
Mais j’aime beaucoup les ornithorynques.

Même si elle est le seul chien de petite race du quartier, elle a du courage.
Les énormes labradors, bergers australiens ou cockers anglais qui se ruent sur elle pour jouer l’effrayent un peu lorsqu’ils se précipitent, mais elle ne recule pas.
Elle joue… et je suis plutôt fière de la voir aussi à l’aise dans ses relations.

Elle respecte les chats, qu’elle observe avec intérêt, mais qu’elle ne semble pas considérer comme des ennemis.
Elle ne les poursuit pas, ne les stresse pas…

Elle est donc parfaite, cette petite boule de poils soyeux, me direz-vous?
Non.
Pomme a beau être serviable, intelligente, vive, elle est aussi réfractaire à l’apprentissage de la propreté.
Pour elle, les sorties, qui ont lieu pratiquement toutes les heures, sont des moments de découverte, où elle suit un oiseau, court après un insecte, plonge sa truffe dans l’herbe, gratte le sol, rencontre ses copains chiens, observe pendant de longues minutes la fumée sortant d’une cheminée…
Pendant ce temps, je l’encourage à remplir sa mission, en essayant de rester calme et d’essayer de ne pas penser aux montagnes d’écritures qui m’attendent.

Dès qu’elle s’exécute, je la félicite abondamment.
Et une fois de retour à l’appartement, elle n’attend pas dix minutes pour refaire dedans ce que j’attendais qu’elle fasse dehors.
Son nouveau jeu consiste, depuis deux jours, à revenir de ses promenades sans résultat probant, ce qui a le don de m’agacer prodigieusement.
Puis, alors que je suis à nouveau installée au clavier et que je reprends le fil de mon travail, elle vient me chercher en aboyant, m’expliquant dans son langage qu’un besoin pressant exige qu’elle ressorte dans la minute.
La première fois, je n’ai pas compris.
J’ai cru à un caprice et je l’ai ignorée.
La sanction est tombée: j’ai pu nettoyer le tapis.
Donc, désormais, même si la promenade précédente est récente et a duré longtemps, lorsque Gremlins exige de resortir, je m’exécute.
En ronchonnant, mais je m’exécute. Souvent inutilement, d’ailleurs.

Lorsque nous rentrons, je reprends le chemin de mon ordinateur pour tenter de rattraper le temps perdu.
Et c’est là qu’elle cherche le moyen d’attirer mon attention.
Sa dernière idée en date: elle prend ses « doudous » en tissu, représentant des hippopotames, et… les jette dans sa gamelle d’eau.
Puis elle m’appelle, furieuse de voir son eau souillée par la présence d’hippo roses, dans la plus pure tradition du célèbre: « Garçon? Il y a une mouche dans le potage! »

Samedi, alors que je louais le Ciel du calme apparent de mon adorable Mogwaï, la souris et le clavier de mon ordinateur ont commencé à ne plus fonctionner normalement.
Etendue dans les fils de mes ordinateurs, elle venait de mettre à mort celui qui permettait leur connexion.
L’après-midi a donc été consacrée à la recherche et au rachat du câble en question.

Lorsqu’elle me sent fâchée, elle prend un air piteux pendant environ dix secondes, puis me bouscule pour que je joue avec elle.
Et si j’ai le malheur de lui expliquer que, non, je suis vraiment furieuse, elle saute, s’exprime, me harcèle jusqu’à ce que je lui accorde de l’attention.
Quand elle va trop loin, je la fais quitter la pièce, sans m’énerver, et je ferme la porte.
Les premières fois, elle sortait comme un enfant bien élevé, et revenait calmée, cinq minutes plus tard.
Aujourd’hui, dès que je lui montre la porte, elle se couche en signe de soumission et prend un air contrit, pour éviter l’exil.

Nos différends se termine toujours de la même façon: je la prends dans mes bras et elle s’y blottit en me lançant un regard à la fois tendre et mutin.
Boule d’amour incapable de trahison, elle…

………….

Pendant que Pomme continue ses élucubrations, la Terre tourne.
Peter Graves…
Son nom ne vous rappelle rien?
Et pourtant, vous le connaissez…
Souvenez-vous de cette phrase: « Bonjour, Monsieur Phelps, votre mission, si toutefois vous l’acceptez consistera à… »
Oui, vous y êtes: Peter Graves était le héros du feuilleton « Mission Impossible ».
Il est décédé dimanche, à l’âge de 83 ans.
Il a terminé sa mission.

Ce mardi, la France a rendu hommage à Jean Ferrat en l’accompagnant à sa dernière demeure terrestre.
Sans goupillon. Il n’aurait pas aimé. Mais avec les mots émouvants de son frère, Pierre, deux chansons à capella de ses interprètes préférée, les applaudissements de la foule lorsque le cercueil a traversé la place, le moment a été sobre, mais prenant.

Je me suis levée ce matin avec l’une de ses chansons dans la tête.
L’un des textes les plus forts de son répertoire, de Guy Thomas: « Le bruit des bottes », dont voici un extrait

« C’est partout le bruit des bottes
C’est partout l’ordre en kaki
En Espagne on vous garotte
On vous étripe au Chili
On a beau me dire qu’en France
On peut dormir à l’abri
Des Pinochet en puissance
Travaillent aussi du képi

Quand un Pinochet rapplique
C’est toujours en général
Pour sauver la République
Pour sauver l’Ordre moral
On sait comment ils opèrent
Pour transformer les esprits
Les citoyens bien pépères
En citoyens vert-de-gris… »

Ferrat dénonçait les dérives de manière magistrale…

Cet après-midi, j’ai regardé le dernier adieu qui lui a été rendu, le coeur serré de tristesse. Il ne chantait pas pour passer le temps…

Martine Bernier

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