Le texte

Dans quelques jours, cela fera un an que notre cousine, dont nous étions très proches, nous a quittés.
Le choc a été violent pour nous tous. 
Notre priorité a immédiatement été d’être là  pour notre cousin et ses enfants, et les liens entre nous se sont encore resserrés.
Mais il nous fallait aussi gérer discrètement notre propre chagrin lié à ce drame.
Dès notre installation ici, Christine et moi avons développé une relation d’amitié nourrie par nos nombreuses rencontres.
Son départ brutal et prématuré nous a fait très mal.

Quelques mois avant sa disparition, nous avions décidé Christine moi, après en avoir longuement parlé, que j’allais écrire pour elle un mini livre sur l’histoire de sa vie, qu’elle offrirait à ses enfants et petits-enfants.
Nous avions prévu que nous nous installerions toutes les deux dans la roseraie dès le printemps 2022, et que nous travaillerions sur ce projet.
Elle me parlerait et j’écrirais…
Au printemps, Christine n’était plus là.
Mais très vite après sa disparition, j’ai décidé que je tiendrais ma promesse et que j’écrirais seule ce récit qu’elle devait me raconter, pour l’offrir à sa famille.
J’ai donc commencé à écrire…
Elle n’avait pas eu le temps de me raconter son enfance, les détails de sa vie… 
Je me suis donc concentrée sur tout ce que j’avais appris d’elle en cinq ans d’amitié.
Lorsque j’ai eu terminé ce texte d’une trentaine de pages,  j’ai eu le sentiment d’avoir été au bout de notre projet.
Me restait encore une chose à faire: l’offrir à ses proches.
J’ai hésité: n’allais-je par rouvrir des blessures, étais-je légitime pour une telle démarche?
Je me suis décidée lorsque son compagnon, passé nous rendre visite il y a quelques jours à peine, s’est confié à moi.
Dans la conversation, je lui ai dit ce que j’avais fait.
Il m’a interrogée, me demandant notamment quand j’aurais terminé l’écriture.
Quand il a su que je venais de poser le point final, mais que je ne savais pas s’il fallait ou non que je leur donne ce petit ouvrage, il a voulu le lire.
Je le lui ai donc offert.
Deux jours plus tard, il me remerciait.
Et un peu plus tard, il me disait l’avoir imprimé pour ses parents qui l’ont lu eux aussi.
Selon ce que j’en sais, mon but est atteint: ces pages apaisent…
Ce petit ouvrage va continuer son chemin dans la famille.

Christine ne nous quitte pas.
Pas vraiment…


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